Du dépouillement…

Il ne s’agit pas pour moi de parler du dépouillement des urnes mais plutôt de celui qui s’installe en moi de façon surprenante depuis des années. Que j’ai pris ou non les bonnes décisions au cours de ma vie, Dieu en a fait quelque chose ; ne m’appartiennent que la responsabilité de mes actes, le choix de ce que je fais des expériences. Et au fil du temps, je me dépouille. Je ne suis pas dépouillée par un quelconque voleur de grand chemin mais réellement partie prenante des proposoitions de dépouillement que me fait la vie. Au fil des passages, je me déleste de plus en plus de l’in-utile, de l’in-essentiel. Ce pas toujours confortable mais cela se fait. Cela s’incarne dans toutes les dimensions de ma vie physique, psychique, spirituelle ; tout est relié.

Je réajuste mon rythme de vie, ma façon de m’alimenter, de penser, d’être en relation aux autres et au monde. Je suis en travail de façon continue mais ce n’est pas fatigant. C’est le mouvement d’approfondissement vers celle que je suis qui me repose. C’est un processus, non pas une fin en soi. Ce mouvement, ce processus est pour moi source de repos. C’est pour moi le lieu de rencontre du Chronos (temps horizontal de notre vie humaine) et du Kaïros (temps vertical de la vie en Dieu). Les choses se font à leur rythme et « quand l’élève est prêt, le maître vient ». Les enveloppes inutiles, les blessures inutiles, les enfermements inutiles, les peurs inutiles, les mots inutiles et finalement les objets inutiles s’en vont. Tout a eu son utilité en un temps donné, tout a participé d’une façon ou d’une autre à mon cheminement. Je les laisse calmement retrouver leur place pour que plus d’amour se déploie et je voyage léger…

Dans ma vie spirituelle je cherche aussi le sens, l’essentiel, je cherche Dieu. Je veux voir Dieu ! Rien que ça ! La quête de sens, la soif d’absolu deviennent le centre. Le chemin est étroit, décalé par rapport à ce que propose le monde environnant mais il semble bien que ce soit mon chemin.

J’ai vécu de nombreuses cassures dans ma vie et la fin de l’année 2019 entraina la fracture de mon poignet droit. Je continue de me laisser interroger par cette fracture autant que faire se peut… Cela accentue le processus de dépouillement qui est le mien et pose de nombreuses questions intimes et parfois lointaines. Une joie profonde et paisible me remplit progressivement, profondément. En attendant de vous partager de nouvelles expériences, je vous envoie cette paix et cette joie afin qu’elles vous guident et vous remplissent aussi. A bientôt !

« Lance ton pain sur l’eau, à la fin tu le retrouveras »

Ecclésiaste 11, 1