Portes du Liban (extrait)

Etre là !
Seul témoin, parfois, de l’immensité qui se déploie, qui se laisse approcher parce qu’il y a
quelqu’un pour l’accueillir.
Un témoin, un messager ?
Avec un peu de couleur, la vie s’accroche, petits restes après les combats et les fatigues, ou premiers germes d’une nouvelle vie. Renouvellement qui repousse les duretés et les noirceurs, les solitudes et les froideurs, les aridités.
Renouvellement dans le souffle, le rythme des saisons, les chants qui volent d’une porte à l’autre.
Passages sans fin …
Immobilité impossible …
Rester sur le seuil, heurter le chambranle avec bousculades et bleus à l’âme ?
Alors que passer à travers, au travers … traverser sans cesse, avec le souffle qui nous porte vers l’intérieur, ou nous pousse à l’extérieur.
Traverser et être soi-même traversé, être une porte qui laisse voir le possible repos, la véritable paix, l’éclatante lumière.
Laisser entrer les visiteurs, avec ou sans bagages, pour la rencontre d’un instant.
Un instant d’éternité dense et habité … parce que l’hôte et le visiteur se tiennent là.
Là où tout est Un, sans limite, sans cartographie, sans sablier à retourner.
Là où tout est Un.