Un voile sans grâce…

Une brise légère soulève un fin voilage. Le souffle accompagne la lumière. Ils emplissent la pièce. Je peux en ressentir le calme, la douceur… Les sentez-vous aussi ? La légèreté de la danse, les mouvements amples et ronds du voilage, la douceur de l’air qui touche ma peau… Je suis ce fin voile qui danse et j’ai eu peur en imaginant être détachée de la tringle ! Que m’arriverait-il ? Je serais envolée très haut, mais où Je serais balayée de branche en branche, peut-être déchirée. Je me poserais au hasard, sans forcément le vouloir. Je retomberais vrillée en torche ou toute plate, sans grâce. Oui, j’ai eu peur d’être un voile sans grâce, de ne plus pouvoir danser, m’envoler dans la sécurité de la protection de Dieu. Un simple voilage et voilà mon coeur qui se retourne et s’ouvre à la présence rassurante de Dieu ! Je saisis toute la fragilité de mon être, toute ma vulnérabilité… Et si je n’étais plus doucement enroulée sur cette tringle ? Enroulée autour de la tendresse de Dieu ? Oh oui, alors je me perdrais ! Je reconnais dans ma faiblesse la grandeur de son amour pour moi et je pleure… Calmement, doucement. Ce voilage si léger et transparent est beau dans sa danse parce qu’il se laisse envoler par le souffle, parce qu’il se laisse traverser par la lumière. Dans ma fragilité assumée, je suis belle du souffle de Dieu qui me fait danser, je suis belle de la lumière de Dieu qui m’illumine. Je n’ai pas d’autre chemin que la reddition et l’accueil de ce qui est. Il nous faut oser la Beauté, assumer notre fragilité, révéler notre Vérité. Il nous faut vivre !

 « Écoute, Seigneur, pitié pour moi ! Seigneur, viens à mon aide ! Tu as changé mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie. Que mon coeur ne se taise pas, qu’il soit en fête pour toi, et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce. » 

Psaume 30 (29)