Renoncement et exaucement

Aucune couleur ne m’apaise
Où te caches-Tu ?
Sous quel soleil ? Sous quelle branche ? Au creux de quelle écorce ?
Je suis dans le manque total de ta présence
Dépouillement douloureux de toute consolation
Quel soleil me réchauffera ?
Quelle branche m’abritera ?
Quelle écorce me protégera ?
Point de refuge, que ce calme au creux de moi
Ce calme caché tout au fond
Il ne supporte aucune agitation, aucune transgression
C’est au-dedans, bien au-delà des larmes qu’il existe
Territoire si vaste
A la mesure de nos effondrements, de nos pertes
Plus je m’approche de Toi
Plus Tu t’éloignes et me laisse en lambeaux
Lambeaux diaphanes, traversés de Lumière
Je voudrais me poser sur ton cœur
Quand viendra-t-il ce temps de retrouvailles ?
Rien ne compte plus, que ce moment-là
Dépouillement vertigineux
Enracinement profond
Voyage sans fin
Je n’ai que la certitude de ton œuvre d’infatigable Miséricorde
Un regard en arrière
Le chemin disparaît, fil de souvenirs
Celui d’aujourd’hui invente mon futur
L’Ecclésiaste l’a dit en son temps
Job l’a vécu aussi
Point de consolation dans la mesquinerie de notre imaginaire
Tout vient de Toi
Que je Te laisse habiter le labyrinthe de ma misère
Que les cloisons disparaissent sous ton souffle
Charpente magnifique
Construction de l’aube
Que Ta maison resplendisse !