Tout est parfait !

Oserions-nous le dire pour chaque expérience de notre vie ? Oserions-nous dire que tout est parfait ? Je n’en suis pas vraiment sûre… Pas sûre du tout, même ! Combien d’étapes avons-nous traversées ? Combien de chutes ? De relèvements ? De pardons ? Donnés et reçus…

S’il nous vient alors à l’idée de soupeser les « combien ? », oh là là ! Comme cela risque de faire lourd et comme cela risque de nous enfermer bien serrés, bien étouffés dans le ressentiment, la colère et tant d’autres prisons sinistres. Et pourtant je crois que l’on passe tous par ces étapes. J’y suis passée. Grâce à Dieu, je n’y suis pas restée et j’ai pu traverser. Pour le moment…

La traversée a pu se faire parce que j’ai laissé les « combien ? » pour voir les « comment ? ». J’ai vécu les transformations intérieures grâce aux « comment ? ». Comment faire pour traverser ? Comment tirer du bon de telle ou telle expérience ? Je n’ai pas pu agir ainsi de ma propre volonté, je parle là de la volonté qui veut maîtriser, gèrer. Je ne pouvais pas maîtriser, même si bien au fond il y souvent un désir trouble de tenir les rênes… Par contre le désir était ardent de sortir des pièges, limitations ou illusions. N’ayant pas pu intervenir sur ma transformation intérieure j’ai reçu les « comment ? » qui m’ont été donnés. Et j’ai vu les bénéfices, les transformations positives reçues de toutes ces expériences imparfaites, difficiles, de toutes ces erreurs. Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, n’est-ce pas ? Là, je peux commencer à dire que tout est parfait !

Alors, je me dis que même si l’on commence par des « combien? » puis que l’on passe par des « comment ? » quelle importance ? La clé, la vraie question pour moi, celle que je me pose à chaque petit pas de vie est tout d’abord « Qu’est-ce que ça me fait ? » et ensuite « Qu’est-ce que j’en fais ? » Ca fait deux questions finalement ! Que les traversées soient simples ou non, longues ou tortueuses, paisibles ou ensoleillées, je garde ces questions « Qu’est-ce que ça me fait ? » et « Qu’est-ce que j’en fais ? ». Elles me guident vers de nouveaux chantiers ou de nouvelles louanges et puis après, j’en fait cadeau à Dieu.

La direction est celle d’une vie toujours plus ample, plus vraie, plus aimante, plus lumineuse. Mais nous ne voyons pas le bout de notre chemin. Nous ne voyons pas le chemin de ceux que nous croisons et ils ont bien un chemin ! Chaque seconde chacun de nous, le monde est soutenu par l’amour de Dieu et tout est à sa place dans ce mouvement large, ample, généreux qui est celui de Dieu. Comment cela pourrait-il ne pas être parfait?

Evidemment nous nous devons d’assumer nos responsabilités, nos choix, nos engagements, nos transformations intérieures, nous sommes coopérateurs de Dieu. Et au milieu de tout cela, de nos injustices, de nos guerres Dieu veille aux battements de chaque coeur, au chant de chaque oiseau, à la formation de chaque goutte d’eau, à la maturation de chaque graine, à chaque parole d’amour échangée. Que saisissons-nous de tout ce travail d’amour patient ?Il veille et soutient la vie. Jamais Il ne dort ni ne sommeille, Il soutient le monde contre tous nos entêtements, contre toutes nos erreurs. Sans cesse Dieu crée. Tout est parfait !

 « C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis : étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait. »

Psaume 19, 13-14