Pour ou contre ?

Voilà la question ! Pour ou contre ? A propos de quoi ? De tout, de rien… C’est je crois une question toute personnelle et donc plutôt une attitude, un choix intérieur… si vous y avez déjà réfléchi, ce n’est plus une question, vous êtes prêt à aborder la vie, droit dans vos bottes. Mais cela demeure peut être encore une question pour vous ; en ce qui me concerne j’ai fait mon changement d’orientation. Comme chacun, j’ai été contre pas mal de choses… l’injustice, la violence, le mensonge, la pauvreté, la guerre et tant d’autres choses… Au fil des expériences j’ai réalisé et expérimenté à quel point il était plus économique, productif, nourrissant et épanouissant d’être pour la justice, la douceur, la vérité, le partage, la paix et tant d’autres choses… C’est pareil me direz-vous ? Et bien pas du tout !

Prenons l’exemple des injustices, cela parlera probablement à un grand nombre, nous en avons tous l’expérience… Avec les petites et les grandes injustices traversées, je me suis révoltée, j’ai pleuré, tempêté contre ces injustices et finalement, que s’est-il produit ? Qu’est-ce qui a changé ? Face à tous ces assauts la partie adverse n’a eu de cesse de résister, de justifier et de renforcer ses positions. Je suis devenue de plus en plus blessée et l’autre de plus en plus agressif, borné, convaincu de son action. J’étais de plus en plus enchaînée, l’autre personne aussi, mais l’a-t-elle perçu ? Les injustices persistaient, dures et douloureuses. L’injustice s’auto-entretenait, se gavait goulûment de toutes les douleurs, de toutes les colères et participait ainsi à entretenir le flot d’injustices qui se déverse en ce monde. Au fil du temps, n’ayant que la possibilité d’agir sur ce qui me concernait, sur celle que j’étais, je me suis questionnée sur ce que je pouvais faire de l’intérieur pour plus de justice et de paix. Ce fut un long chemin et il n’est pas terminé. Patiemment, tout cela est finalement devenu source de grande libération, de souplesse, de repos. Au lieu de n’être que blessures en creux, les pleins ont surgi comme de douces collines. Les situations ont changé, les rencontres ont changé. Tout ce qui est en creux, en manque de vie en nous attire irrémédiablement tout ce, et tous ceux, qui va, vont confirmer, entretenir cela. Au contraire, tout ce qui est plein, regorgeant de vie attire la vie, entretient la vie en nous et autour de nous. Et si d’aventure, une situation compliquée se présente nous n’y sommes plus piégée, nous traversons, offrant notre paix intérieure à ceux qui sont là.

Il n’est pas forcément évident de trouver le point de bascule qui retournera tout notre être sur de nouveaux reliefs de vie mais il est de notre responsabilité de le chercher au lieu d’en vouloir à la terre entière. Il n’est pas non plus aisé d’en arriver à admettre qu’il y a quelque chose en nous qui cloche, qui est source de non-vie et d’enfermement entretenus. Là encore, c’est notre responsabilité, notre humanité pleine et entière qui est engagée, passée au plus fin tamis ; sans pour autant devenir esclave du tamisage volontariste, en recherche incessante de nos fautes. Le choix est devant nous, à chaque pas et à de nombreuses reprises il faudra le reposer, il faudra se laisser remettre en ordre, se laisser retourner comme un terre, se laisser apaiser, guérir, aimer.

Nous sommes tous reliés les uns aux autres de façon sensible, perceptible ou subtile ; prenant soin de notre écologie intérieure nous entretenons la beauté, la bonté de ce monde. Nous avons le choix : rajouter aux souffrances de ce monde ou participer à la création de plus de paix, de joie et d’amour. Mère Teresa disait qu’elle ne se rendrait jamais à une conférence contre la guerre mais par contre elle irait volontiers à une conférence pour la paix !

« Car ainsi parle l’Éternel à la maison d’Israël: Cherchez-moi, et vous vivrez! »

Amos 5, 4