Eloge de la lenteur

Comment aller à son rythme, ne pas être bousculé sans cesse par les agitations de ce monde ? Elles sont si souvent légitimées, valorisées, comme autant de nouveaux critères de réussite.

On s’agite et on en parle beaucoup ; l’agitation ne cesse de monter sans laisser de répis à celui qui est pris dans ce tourbillon. La pression monte et ceux qui sont autour sont tout autant pollués ! Une souffrance silencieuse s’installe et s’épaissit. elle entretient l’agitation et les conversations oiseuses. Le sentiment de vide de ces conversations sans rencontre véritable se creuse encore et toujours. Pourquoi tant de mouvements inutiles, épuisants ? Pour chercher l’amour ? L’approbation ? Pour exister ?

Comme il est triste de s’épuiser de la sorte. Nous n’avons que l’instant pour vivre, pour tenter une rencontre ; mais si souvent le temps devient notre ennemi et nous sépare de la vie. Nous ne savons finalement pas nous en faire un allier. Il s’écoule, quoi qu’il arrive, ignorant de nos émotions, de nos sentiments. Chaque civilisation a choisi de l’étalonner de façon parfois très différentes et chaque continent peut avoir un rapport au temps si variable et pourtant le temps s’est écoulé avec la même durée partout sur la planète ! Chacun le vit, l’habite avec un tempérament, un rythme particulier.

Etre rapide ou être lent ne se définit que par rapport à d’autres qui ont un rythme différent. Celui qui marche sur les chemins de Compostelle ou celui qui descend l’Amazone en pirogue est-il lent ? Pressé ? Il va simplement, du moins je l’espère ; j’espère qu’il a trouvé la communion au rythme de la vie, au temps présent, le temps de la rencontre. Il y a de fortes chances pour que ce rythme là soit plus lent que celui d’un parisien prisonnier de l’enchainement « métro, boulot, dodo ». Lequel risque la crise de nerf ou les problèmes d’ulcère ? Facile à envisager, n’est-ce pas ? Alors qu’attendons-nous pour nous respecter, nous aimer, pour respecter ce monde et l’aimer ? Peut-être nous faut-il aller jusqu’à la chute brutale, l’accident qui nous arrêtera et nous fera réfléchir puis remettre chaque chose en ordre, lentement, patiemment et avec amour. Comme nous sommes fragiles et parfois stupides, cherchant au-dehors l’essentiel de notre vie, construisant sur du mensonge tout notre être ! Il est temps de ralentir et de changer de regard, d’atitude intérieure, de paradigme diront les militants de l’environnement. Il est temps d’être au présent ! A méditer…