La cuillère de bois

Quoi de plus ordinaire qu’une cuillère de bois ? Un petit objet utilitaire, façonné de mains d’homme, lisse et doux… Et bien ce petit objet si banal fait l’objet d’une histoire très édifiante.

Un jour, à la fin de sa vie terrestre un homme doit choisir entre le paradis et l’enfer. Il demande alors de visiter ces lieux avant de se décider. Il va tout d’abord faire un tour en enfer et remarque la scène suivante : Autour d’une grande tablée, couverte de mets succulents se trouvent plusieurs personnes, tristes, renfrognées… Elles ont toutes une grande cuillère de bois attachée au bras. Ce n’est guère pratique ! Elles sont incapables de manger ce qui leur est offert… Cet homme se rend ensuite au paradis. Surprise ! Il voit le même genre de scène… Une grande tablée, richement garnie, des convives avec une grande cuillère de bois attachée à leur bras… Mais la grande différence tient au fait que chaque convive se sert de sa cuillère pour nourrir un autre invité et tout se vit dans une grande joie !

Cette grande cuillère de bois nous l’avons tous accrochée au bras ou ailleurs… Encore faut-il en prendre conscience ! Qu’elle symbolise nos détresses, nos incapacités, nos erreurs, nos richesses, nos talents… Rien de ce qui nous colle au corps, au cœur et à l’âme n’est pour nous mais peut-être un cadeau pour un autre autre si nous voulons bien le partager. Nul besoin d’attendre la fin de notre chemin ; le paradis est ici si nous savons nous servir de notre cuillère ! Et nous pouvons tout aussi bien nous claquemurer en enfer si nous le voulons !

Quoi de plus beau que la simplicité, la fraternité partagées ? Est-ce que nous le désirons vraiment ? Je crois que c’est ce qui habite le cœur de l’Homme, au plus profond et qui tout à la fois est son moteur et son désespoir.

Souvent j’ai eu le sentiment de me promener avec cette cuillère au bout du bras et que personne n’en voulait ou que personne ne la voyait, je ne sais pas trop… alors je la rangeais. Puis j’ai décidé de la laisser disponible pour qui voudrait bien la voir et y puiser quelque chose de bon pour sa route. Que chacun soit libre et attentif sur son chemin, on ne sait jamais quel genre de cuillère de bois nos passagers de vie ont au bout du bras…

« Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui? Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité.« 

1 Jean 3:17-18